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Les Moulins. |
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Moulins à vent, Moulins à eau. |
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Philippe
Bellan |
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Historique
Origine:
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Les premiers systèmes de broyage des céréales,
utilisées pour la nourriture humaine depuis le néolithique, sont manuels
(moulins à sang): pilons, rouleau à mouvement alternatif
ou meules à main de petit diamètre : 50 cm (meules en sablier des Romains).
Note: les moulins à sang sont mus par la force physique animale ou humaine.
Ce sont les animaux, les esclaves ou les femmes qui sont chargés de ce travail.
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L'énergie humaine et animale continuera d'ailleurs d'être utilisée
pour moudre le grain sous forme de manège avec un cheval ou un autre animal de
trait, bien après la fin du Moyen Age, et l'on trouvera
encore des moulins manuels dans les maisons jusqu'à la fin du XIXe siècle.
On ne sait pas dater exactement son apparition, mais il semble être
utilisé à Rome vers le Ier siècle
av JC. Sa diffusion en Italie aurait été favorisée par Jules César. Vitruve
décrit le moulin à eau à la fin du II siècle av JC, mais l'appelle "hydralète", ce qui laisse
penser à une origine grecque, peut-être de la Grèce d'Asie. Il se serait
alors diffusé vers l'occident mais aussi vers l'orient, car des moulins ont été
retrouvés en Chine.
(Le problème de savoir si
les premiers moulins étaient mus par une roue horizontale ou une roue verticale
n'est actuellement pas résolu).
La diffusion des moulins à eau est assez lente, aussi bien en Italie qu'en Gaule.
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On trouve cependant à Barbegal, près d'Arles, un ensemble de 8 moulins échelonnés de part et d'autre d'une chute d'eau alimentée par un aqueduc, ceci vers la fin du IIe ou au IIIe siècle après JC.
Les villes d'Italie sont progressivement équipées de moulins vers le IVe et le VIe siècle. Les invasions barbares vont vider les villes au profit des campagnes et des "villas" romaines.
Ces villas vont construire, à leur tour, des
moulins. Cette diffusion est facilitée par les progrès de la métallurgie,
malgré la mauvaise qualité du fer de l'époque, elle est aussi aidée par la
mise au point de barrages sur les cours d'eau.
La fin des invasions barbares, l'augmentation de la population européenne
vont déclencher, au IXe siècle, une forte croissance du nombre des moulins.
Les fleuves à débits réguliers vont ainsi être équipés de telle sorte que
80 % des
sites d'utilisation de l'énergie hydraulique répertoriés en 1789, auront une
origine carolingienne.
Le moulin à eau apparaît alors comme une source de richesse et les
moulins, qui, jusque là étaient exploités par de petites communautés
villageoises, vont être alors pris en charge par les seigneurs ou construits et
exploités par les monastères.
Aux Xe, XIe, et XIIe siècles, de nombreuses industries vont utiliser l'énergie
hydraulique : fabrication de poudres, meunerie, brasserie, huilerie, décorticage
du riz mais aussi irrigation.
L'invention, au XIIIe siècle, de l'arbre à cames va permettre
l'utilisation du moulin pour le foulage des draps, le forgeage du fer et même
le sciage du bois ou du marbre. Plus tard, la fabrication du papier, les
fonderies, les filatures, le broyage des minerais seront, eux aussi, réalisés
à l'aide des moulins à eau.
Le
moulin bateau ou moulin à nef
Son apparition peut être datée du VIe siècle. Un texte fameux
attribue au général Bélisaire l'installation sur des bateaux de mécanismes
de moulins à eau, afin de nourrir les habitants de Rome, assiégés par les
Ostrogoths, en 537.
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Au Xe siècle, des moulins bateaux serviront à moudre la farine de presque toutesles grandes villes. Toulouse, en particulier, dispose de moulins près du Bazacle et du Château Narbonnais. 60 moulins bateaux au XIIe siècle. Au XVIe siècle, ce sont 55 moulins bateaux qui alimentent Paris en farine.
Monocoques, comme à Toulouse, ou double-coques, leur coexistence sera toujours difficile avec les navires servant au transport des marchandises, et ils disparaîtront progressivement. On en trouvera cependant encore sur la Loire et le Doubs jusqu'au début du XXe siècle.
Obligatoirement situé sur le littoral de la Manche ou de l'Atlantique,
il semble apparaître vers l'an mil. Il ne fonctionne, en général, qu'à marée
descendante et nécessite la construction de digues importantes pour retenir
l'eau: 250 m de longueur, 5 à 6 m de haut sur la Rance.
Son apparition est plus tardive.
Si l'on connaît des moulins mus par le vent, dès le VIe et le VIIe siècles en Afghanistan, il ne semble pas que les moulins à vent occidentaux aient la moindre filiation avec ces moulins à axe vertical.
La diffusion des moulins à vent en Occident, à la fin du XIIe siècle,
à peu
près simultanément en Angleterre, en Flandres, en Normandie et en Provence, ne
semble pas,non plus, avoir une origine orientale ni être due à une technique
ramenée par les Croisés.
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Ces premiers moulins à vent sont, probablement, en bois (analogues aux moulins actuels des Flandres et de Hollande), leur "cage" tournant autour d'un pivot.
L'existence et la forme des voiles utilisées laissent aussi penser que
leur développement est lié aux traditions marines des régions concernées.
Les premiers moulins de la région toulousaine sont, d'après les
textes, à Pexiora en 1245 et à Saint Papoul, en 1255.
Au XIIIe siècle,
les moulins à vent sont dispersés le long du littoral et ne s'insèrent à
l'intérieur des terres que dans les régions ventées, en complément des
moulins à eau. Ils resteront toujours minoritaires (1 moulin à vent pour 5
moulins à eau), sauf dans certaines régions à vents très fréquents
(Lauragais, Provence), ou très pauvres en rivières.
Ils sont surtout utilisés pour moudre le blé, mais nous trouvons, dans
le Nord, 2 autres utilisations qui leur semblent réservées: la fabrication de
l'huile et l'assèchement des marais et des polders.
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Aux XIIe ou XIVe siècle, les moulins tours, construits en pierre ou en
briques, remplaceront les moulins en bois dans le sud de la France et sur les côtes
de Bretagne. Le reste de la France, excepté l'Est qui ne possédera jamais de
moulins à vent, comptera, à la fois, des moulins en bois et des moulins tours.
Dès le XVIIIe siècle, les progrès techniques apportés aux moulins
hydrauliques d'une part, une réglementation contraignante faisant suite à une
augmentation anarchique de leur nombre d'autre part (distance supérieure à 80
m des chemins royaux et supérieure à 50 m des chemins publics conduiront de
nombreux meuniers à déplacer leur moulin à vent : Saint Lys, Vinsac, relègueront
les moulins à vent à une production de farine limitée aux besoins locaux.
Les problèmes
de la banalité.
A partir du Xe siècle, les seigneurs et les abbés, constatant que les moulins qui se répandent alors, sont sources de richesse, vont essayer de confisquer cette manne. Ils vont, d'une part, rappeler que seuls les propriétaires des cours d'eau non navigables ont le droit d'utiliser l'eau, d'autre part, ils vont eux-mêmes, prendre en charge la construction de nouveaux moulins.
Le fonctionnement sera confié à un meunier, sorte de fermier chargé de l'exploitation et du petit entretien. Les nouveaux constructeurs prendront à leur charge les grosses réparations.
En contre partie, pour payer l'entretien,
les utilisateurs devront acquitter un droit de mouture (1/20, 1/16, ou même
1/13 des céréales portées à moudre) en outre, ils devront assurer
l'entretien des accès au moulin. C'est le principe de la banalité celle-ci
peut être imposée par le seigneur ou négociée et concédée par contrat.
Cette organisation peut être très variable suivant les régions : dans le Nord, ce droit féodal est strict et nécessité par l'organisation sociale issue des carolingiens, dans le Midi, où l'émiettement et la faiblesse du système féodal sont endémiques, cette organisation est beaucoup plus superficielle: bon nombre de petits moulins, dans notre région comme en Provence, appartiendront et seront utilisés par la communauté villageoise.
De la même manière, si, dès le XIIIe siècle, les boulangers auront
le droit d'avoir leur propre four, tous les autres travaux devront être effectués
dans les fours banaux.
La nuit du 4 août 1789, supprimera le système de la banalité. Les
moulins seront souvent repris par le dernier meunier et cette libération sera
l'occasion de la construction de nouveaux moulins.
Par ailleurs, depuis le XIIIe siècle, les moulins sur les voies navigables, une grande partie du réseau fluvial de l'époque, étaient confrontés au problème de la navigation et de l'irrigation.
Une réglementation avaient été
mise en place pour permettre ces différentes activités dans le respect des
droits et des intérêts de chacun, en répartissant les charges d'entretien et
de nettoyage du lit des rivières. Au XIXe siècle, l'Administration reprendra
à son compte cette réglementation des droits d'eau et la développera.
L'évolution
vers la minoterie et la disparition des moulins.
Au XIe siècle, on comptait environ 50 000 moulins en France. Ce nombre va croître jusqu'au XVIe siècle où l'on relève 75 000 moulins, chiffre qui va rester sensiblement constant jusqu'au début du XIXe siècle ; on constatera une floraison de nouveaux moulins à ce moment là, suite à la suppression de la banalité, et le nombre de moulins approchera les 100 000, mais cela ne durera que quelques décennies.
Avec la diffusion de la machine à vapeur, les petits moulins vont disparaître:
au début du XXe siècle, on n'en comptera plus que 30 000, en 1995 on trouve
700 minoteries ou moulins, mais seulement une centaine fournissent réellement
de la farine.
En effet, en 1784, à
Londres, pour la première fois, une machine à vapeur est utilisée pour moudre
du grain. La puissance disponible va permettre de concurrencer les moulins
traditionnels: alors que l'on arrivait difficilement à faire tourner 2 paires
de meules avec une seule roue hydraulique, Watt va installer une machine qui
fait tourner 12 paires de meules, sans se préoccuper du débit de l'eau dans le
canal d'amenée ou du niveau de la réserve.
De 1810 à
1821, on passera de 5 000 moulins à vapeur, à 10 000, en Angleterre !
L'énergie hydraulique va résister, par des améliorations
techniques :
- la roue, qui est mue par l'eau va être améliorée (Poncelet
introduira la forme courbe des pales pour réduire l'effet de choc) et deviendra
la turbine, qui se diffusera vers 1850 ,
- la transmission du mouvement aux meules, jusqu'alors à l'aide de
roues et de dents en bois, sera progressivement remplacée par des engrenages en
fonte ,
-les meules vont aussi bénéficier d'améliorations: tout d'abord en
utilisant la pierre de la Ferté sous Jouarre, et en fabriquant ensuite des
meules en plusieurs morceaux (les "carreaux"), de dureté plus
importante vers la périphérie , les meules seront aussi plus petites et leur
rainures atteindront la vingtaine , les meules en pierre vont ensuite être
remplacées par des cylindres en fonte et acier: diffusés dès 1878,
ils se généraliseront
au début du XXe siècle ,
- les moulins vont s'équiper d'appareils de bluterie (séparation du
son de la farine), abandonnée jusque là au boulanger ou au client, d'autre
part, le blé sera nettoyé avant broyage,
- les moutures vont aussi évoluer: d'un rendement de 30 à 45 % de
farine au XVe siècle, elles passeront à des rendement de l'ordre de 75
%,
essentiellement en repassant plusieurs fois les "issues" sous les
meules,
- enfin, l'automatisation des manipulations va réduire le personnel,
qui a tendance à s'éloigner vers la ville, et augmentera la régularité de la
production.
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Mais cette évolution va se faire en favorisant les moulins déjà importants. La production de farine va devenir excédentaire en 1930, une nouvelle réglementation va instaurer un système du contingentement.
Les petits moulins au XIXe siècle, vont multiplier leur nombre de meules (moulins à vent du Lauragais), compléter l'énergie hydraulique ou éolienne par des moteurs, à vapeur, puis électriques et, enfin, à essence. Le contingentement va les faire disparaître néanmoins les uns après les autres.
Quelques moulins à eau essaieront cependant de se sauver en fabriquant de l'électricité.
La sauvegarde des moulins traditionnels
Au début du XXe siècle, devant la disparition de nombreux moulins, une campagne pour leur sauvegarde fût entreprise. En 1927, un peintre américain Herman WEBSTER décide d'illustrer une série d'articles en faveur de la sauvegarde des moulins traditionnels.
Mais le mouvement va s'essouffler avec
la deuxième
guerre mondiale.
Dans les années 60, une reprise de ces activités est lancée par le Ministère de la Culture, qui facilite le classement au titre de Monuments historiques de nombreux moulins. Des subventions pour la restauration de ces moulins sont accordées.
En 1965, a lieu, au Portugal, le
premier congrès pour la sauvegarde des moulins. En 1973, la première
Association Régionale des Amis des Moulins est créée dans le Nord Pas de
Calais. Près de 30 ans après, ce mouvement s'est généralisé et peu de régions,
actuellement, ne disposent pas de leur association de sauvegarde.
Fonctionnement.
On peut considérer, dans les mécanismes qui constituent la partie
active des moulins, 2 grandes fonctions :
-la captation de l'énergie, hydraulique, éolienne
ou autre,
-l'utilisation de cette énergie pour remplir la
fonction qui est la raison d'être du moulin: le broyage des grains, l'écrasement
des noix, des olives, du pastel, le foulage du linge, le martelage du fer, le
concassage des minéraux, etc.
La captation de l'énergie hydraulique.
Jusqu'au XIXe siècle, on distingue 2 grands types
d'entraînement: roue verticale et roue horizontale.
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Roue en dessus |
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Roue en dessous simple. |
Les moulins à roue verticale, situés globalement au nord d'une ligne Bordeaux-Grenoble.
Ils sont actionnés par une grande roue située à l'extérieur du bâtiment abritant les meules, cette roue est munie de 30 à 40 palettes ou godets sur sa périphérie.
Elle peut être animée, soit en faisant tomber l'eau sur les pales par dessus au moyen d'une conduite artificielle, soit en laissant plonger le bas de la roue dans le ruisseau ou la rivière qui agit ainsi par en dessous.
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Roue en dessous |
Un troisième type de roue est la roue "de coté", dans laquelle l'eau attaque les pales au niveau de l'axe et ajoute l'effet de la gravité à la vitesse de l'eau dans le cours d'eau.
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Roue en dessous |
Dans les moulins bateaux ou les moulins à roue suspendue (comme au Bazacle à Toulouse), le fonctionnement est celui des roues "par en dessous".
Les moulins à marée utilisent soit l'action en dessous, soit de
coté.
Dans les moulins à roue horizontale, répandus dans le midi de la France, la roue est munie à sa périphérie d'une série de godets ou de pales, légèrement obliques et
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différents de ceux des roues verticales, la roue est
placée au dessous de la chambre des meules, donc à l'intérieur du bâtiment,
en principe, au sous-sol, l'eau est amenée sur la roue par une canalisation à
partir d'une retenue d'eau.
Dans certains moulins, la canalisation débouche au dessus
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de la roue et
projette avec force l'eau sur les pales, dans d'autres moulins, la roue est noyée
au fond d'un puits et c'est la pression de l'eau sur les pales, combinée à un
mouvement tourbillonnant. qui entretient la rotation. Dans les deux cas, l'eau
s'échappe du moulin en aval.
Des systèmes de vannes, en amont du moulin, permettent d'arrêter ou de "mettre en eau" la roue.
La position, le matériau, la forme des pales ont beaucoup varié et évolué pour améliorer le rendement des différentes roues. Les moulins à roue horizontale nécessitent une retenue d'eau et donc peuvent être utilisés dans les pays où le régime des eaux est faible et irrégulier; les roues verticales sont souvent utilisées dans les rivières à débit régulier. Les moulins à roue suspendue, souvent situés sous les ponts, sont recommandés lorsque le niveau de l'eau dans la rivière varie considérablement.
En 1809, on comptera en
France, 50 000 moulins à
roue verticale
et 32 000 à roue horizontale.
Au milieu du XIXe siècle, la turbine, inventée
par Fourneyron en 1826, combinée à l'amenée d'eau par une conduite forcée réalisant
des hauteurs de chute considérables, a progressivement, remplacé les différents
types de roue décrits ci-dessus.
Elle n'est évidemment utilisable que dans les régions où le vent
souffle d'une manière quasi permanente. Mais, dans tous les pays d'Europe,
contrairement à l'Afghanistan, pays des moulins à vent à axes verticaux, ces
vents n'ont pas de direction fixe. La captation de cette énergie va donc nécessiter
2 mécanismes:
-le mécanisme de captation, proprement dit, les
ailes,
-l'orientation de ce système de captation pour
pouvoir profiter au maximum de tous les vents.
On conçoit bien alors pourquoi on pense que l'apparition des moulins à
vent est liée à la présence de connaissances marines dans la région, cette
hypothèse est confirmée par la forme des voiles utilisées: carrées dans les
régions proches de la Manche et de l'Atlantique (en France, Hollande,
Angleterre), triangulaires sur les bords de la Méditerranée (Baléares, Grèce).
Le mécanisme de captation de l'énergie est constitué par un ensemble
de 4 ailes placées à l'extrémité d'un axe, à peu près horizontal, situé
le plus haut possible dans le toit des moulins tours, en haut de la
"cage" dans les moulins à pivot.
Chaque aile est constituée d'une grande vergue (5 à 10 m de long) sur
laquelle sont emmanchées des barreaux qui vont servir à accrocher et fixer les
toiles qui seront soumises à la pression du vent.
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Deux types d'ailes se rencontrent: symétriques où une voile d'environ 1m de large est accrochée de chaque coté de la vergue centrale (dans le Midi), asymétriques, où les deux voiles sont accrochées du même coté de la vergue qui sert alors à "fendre l'air" (Nord).
Comme pour les bateaux, le problème de ces voiles est qu'il faut les mettre, les serrer ou les enlever suivant la force du vent ou les besoins du meunier: cette pose ou dépose se fait, en général, en grimpant sur les ailes, exercice périlleux surtout par grand vent.
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Au milieu du XIXe siècle, des ailes, constituées de lattes de bois coulissant les unes sur les autres, coulissement commandé depuis l'intérieur du moulin, les ailes Berton, furent utilisées dans le centre de la France, évitant ainsi l'accrochage et le décrochage des voiles.
Quelques ailes
Berton furent utilisées aussi dans le Midi Toulousain.
Quant au système d'orientation de l'ensemble ailes et axe, de façon à
profiter au maximum des vents, il est réalisé par la rotation horizontale de
cet ensemble. Cependant, dans le détail, la méthode est variable suivant le
type de moulin.
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Les moulins à pivot sont constitués d'une "cage" en bois, munie d'une charpente portant l'arbre sur lequel sont fixées les ailes ainsi que le toit de la "cage".
Cette "cage" est emmanchée sur un pivot en bois, solidaire du sol par l'intermédiaire d'un piédestal , ce dernier est constitué de grosses poutres fixées au sol maintenant le pivot vertical.
La partie supérieure de la cage contient donc le grand arbre, au dessous la chambre des meules, encore au dessous la pièce de réception du blé et le mécanisme de blutage (séparation du son de la farine), cette cage est munie d'un escalier, car elle est à 2 ou 3 m du sol, et d'une longue pièce de bois permettant de faire tourner l'ensemble pour mettre les ailes face au vent.
C'est donc l'ensemble des mécanismes qui se trouve dans la "cage" et tourne sur le pivot. La cage est ainsi une "boite" de 4m sur 6m et d'environ 7m de haut, surmontée en général d'un toit à 2 pentes. Ce type de moulin, qui est probablement le type des moulins du XIIe siècle, est répandu dans toutes les régions au nord de la Loire, entre la Bretagne et les Vosges, toutes deux exclues
Les moulins tours, très fréquents dans le Midi et en Bretagne, se
trouvent aussi dans les régions où les moulins à pivot existent.
C'est le toit, la charpente et le grand arbre qui porte les ailes, qui pivotent, tournant sur un chemin. de roulement en bois.
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La rotation est obtenue
à l'aide d'une longue poutre, solidaire du toit, qui arrive jusqu'au sol: pour
vaincre le frottement bois sur bois du chemin de roulement, un cabestan est nécessaire,
que l'on accroche, à tour de rôle, à des pieux enfoncés dans le sol et répartis
sur un cercle tout autour du moulin.
La chambre des meules, placée dans la tour en pierre ou en brique,
d'une hauteur moyenne de 10m et de 8m de diamètre, est fixe, le mouvement étant
transmis par un axe qui relie la charpente mobile à la chambre des meubles
fixe. Le fût du moulin contient, en général, la chambre des meules, en haut,
et la pièce de réception du blé, qui peut aussi servir de chambre au meunier,
au rez-de-chaussée.
Dans le Lauragais, les meules sont en bas, l'étage étant
quasi-inexistant et ne servant qu'à l'inspection et à l'entretien des mécanismes,
soit, prévues lors de la construction, soit à la suite de modifications au
XIXe siècle, ce sont 2 jeux de meules que l'on trouve souvent au rez de chaussée,
l'un d'entre eux servant au broyage des céréales pour les animaux.
La tour en brique ou en maçonnerie peut présenter des aspects assez différents: cylindrique, comme en Provence, avec un toit tournant à l'intérieur de la partie supérieure du fût pour ne pas donner prise au Mistral qui pourrait soulever le toit , tronconique avec un toit débordant, comme en Lauragais et dans le Pas de Calais, ce qui permet de loger les 2 paires de meules à sa base, polygonale, à 8 cotés, comme dans le Nord - avec une partie basse cylindrique moins large que la partie haute (moulin petit pied) comme en Bretagne.
Le toit est très souvent conique avec une bâtière au dessus de la
sortie du grand arbre portant les ailes. La tête de l'arbre sera quelquefois en
fonte (Lauragais, Haute-Garonne, Nord de la France).
Dans certains moulins tours, la grande pièce de bois qui sert à faire
pivoter le toit (la queue du moulin) est absente. La rotation du toit est alors
réalisée, de l'intérieur, soit avec un système de levier, prenant appui sur
une échelle circulaire solidaire du toit et des points fixes à l'intérieur de
la partie haute du fût, soit par un système de crémaillère (Castelnaudary).
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Il existe un hybride de ces deux types de moulins sous la forme du
moulin cavier, très répandu en Anjou, il se présente avec une tour en pierre
ou en maçonnerie, qui constitue le piédestal, portant une petite
"cage" ne contenant que le grand arbre et les ailes. Sous la tour, une
grande pièce, le cavier, reçoit la chambre des meules qui est donc immobile
alors que la "cage" est orientée face au vent pour optimiser le
rendement des ailes.
Elles vont toujours par couple: en dessous, la meule
"dormante" ou "gisante" elle est fixe, en dessus, la meule
"vivante" ou "volante" : elle tourne.
Les deux meules sont constituées soit d'un seul bloc de pierre, soit de
plusieurs morceaux, appelés "carreaux", retenus ensemble par du plâtre,
du ciment et surtout par 2 ou 3 cerclages de fer , leur diamètre varie entre 1
et 2m, sauf dans les petits moulins de montagne où elles sont encore plus
petites.
Les Romains utilisaient des pierres volcaniques, du basalte, plus tard
on a utilisé le silex et surtout le granit (Sidobre, La Ferté sous Jouarre).
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Les 2 faces des meules qui sont théoriquement en contact ne sont pas parfaitement planes, d'une part, elles laissent un petit espace entre elles dans la partie proche du centre, de façon à permettre aux céréales de pénétrer dans cet espace, d'autre part, elles portent sur les surfaces se faisant face des rainures, de moins en moins larges et de moins en moins profondes lorsque l'on se rapproche de la périphérie, ces rainures favorisent aussi le déplacement du grain vers l'extérieur: le grain est alors saisi, avec une sorte de mouvement de ciseau qui arrache d'abord l'enveloppe, puis écrase la graine.
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Près
de la périphérie, les meules sont très proches l'une de l'autre et écrasent
de manière fine les grains.
Pour
assurer un travail soigné, les meules doivent être équilibrées, la distance
entre les deux faces en contact devant rester constante sur toute la périphérie.
Dans les premiers temps, au Moyen Age, les meules n'étaient que "piquées", c'est à dire étaient rendues rugueuses avec un petit marteau à pointes, appelé "boucharde".
Vers le XVIIIe siècle, des saignées radiales furent
dessinées en creux sur les meules, de 8 à 20 suivant les régions on trouve
encore ce genre de "rhabillage" sur les meules des moulins à vent.
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Au
XIXe siècle, sous l'influence des anglais et des américains et pour résister
à la concurrence des moteurs à vapeur, les meules devinrent beaucoup plus
efficaces: d'une part, elle furent construites à l'aide de "carreaux"
plus durs et de grain plus fin sur la périphérie, d'autre part, le
"rhabillage" se fit plus subtil, des saignées, plus soignées, dans
des directions différentes sur les deux meules, avec des directions variables
suivant la distance au centre , le grand soin apporté à ce travail permît
d'augmenter le rendement, c'est à dire de réduire les "issues" et
donc d'augmenter la proportion de farine utilisable pour l'alimentation humaine.
Une
meule a une durée de vie moyenne d'une quarantaine d'années et doit être
"rhabillée" (piquée) tous les 2 ou 3 mois, si l'on désire un bon
rendement.
Au
milieu du XIXe siècle, on comptera à la Ferté sous Jouarre, 23 entreprises de
fabrication de meules, employant 1.400 ouvriers et produisant 5.000 meules par
an.
Lorsque la vitesse des meules augmente (débit de la rivière ou vitesse du vent), la quantité de blé fournie doit être augmentée et on doit aussi faire croître la distance séparant les meules de façon à ne pas "brûler" la farine qui deviendrait rougeâtre et serait alors impropre à la consommation, ayant le goût et l'odeur des meules.
Le système qui permet cette opération de
soulèvement de la meule volante est appelé la "trempure".
C'est
donc la meule vivante, la meule du dessus, qui doit être entraînée.
Pour
cela, la meule est trouée en son centre et un morceau de fer en forme de noeud
papillon, l'anille, est scellé en cet endroit. Un barreau de fer se terminant
par une fourche va entraîner la meule en s'encastrant au centre de l'anille.
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Deux
cas sont à considérer: Le moulin hydraulique à roue horizontale : le
"grand fer", enfourché sur l'anille, est solidaire de la roue
horizontale et, passant par un trou au centre de la meule dormante, entraîne
directement la meule volante.
Le
moulin hydraulique à roue verticale ou le moulin à vent: Il faut alors changer
la direction du mouvement qui est une rotation d'axe horizontal (axe de la roue
verticale ou axe des ailes du moulin à vent) pour le transformer en rotation
d'axe vertical (axe des deux meules).
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| 1- Arbre tournant. 2- Rouet. 3- Lanterne. 4- Engrenage conique. |
Ceci
se fait par l'intermédiaire l'une grande roue, (appelée rouet), munie de dents
en bois (de 48 à 72 "alluchons"), perpendiculaires au plan du rouet,
qui vont entraîner une petite roue, fixée sur le gros fer enfourché sur
l'anille ; cette petite roue, appelée lanterne, est composée de 2 plateaux
circulaires reliés par des sortes de barreaux.
C'est
en fait un simple renvoi d'angle, mais autrefois construit en bois. Le mouvement
est ainsi transmis aux meules.
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1- Roue. 2- Meules. 3- Lanterne. 4- Rouet. |
La démultiplication (le rapport du nombre de dents) sert à faire tourner les
meules à une vitesse de l'ordre de un à deux tours par seconde. Le XIXe siècle
et les progrès de la métallurgie permettront de remplacer souvent ce système
par des engrenages en fonte (Montbrun Lauragais).
Le
blé est déposé dans une pyramide renversée et trouée, appelée trémie, et
se déverse le long du gros fer, guidé jusque là par une sorte de sabot en
bois, l'auget.
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Pour éviter que le blé ne traverse le trou central de la meule dormante (appelé oeillard), cet orifice est bouché avec du bois, du plâtre, du chiffon et de la graisse (il y a toujours un arbre qui tourne et qui passe par cet orifice).
Le
blé est alors entraîné vers l'extérieur par la force centrifuge, écrasé
entre les deux meules, broyé et la mouture sort à la périphérie. Un coffre
en bois, appelé archure, empêche la farine de s'envoler dans toute la pièce :
un orifice déversoir permet de recueillir la farine pour la remettre au client.
Tout
d'abord disons un mot sur l'origine du mot minoterie: il viendrait de
"minot" qui était le nom des barils de hêtre utilisé pour
l'exportation des farines au XIXe siècle.
Du
baril le mot est passé au bâtiment où se traitait les céréales et a ainsi
donné minoterie, minotier.
Le
passage du moulin (à eau ou à vent) à la minoterie n'est pas seulement du à
un changement de méthode de broyage du grain (le remplacement des meules par
les cylindres), mais est essentiellement marqué par l'intégration de toutes
les tâches qui précèdent et suivent le broyage ainsi que par l'automatisation
de l'enchaînement des tâches.
Le principe est le même que pour le moulin à eau, mais, dans les minoteries industrielles, c'est un système de turbine qui est employé, même si la conduite forcée est réduite à son minimum.
La
transmission de l'énergie aux différentes machines se fait par des systèmes
de poulies multiples et de courroies; celles-ci sont, en général, protégées
par des gaines en bois ou en métal.
Les meules sont ici remplacées par les cylindres.
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Ces derniers ont été inventés en Hongrie vers 1830, mais ne vont se répandre en Europe qu'entre 1875 et 1900.
Ils sont en fonte trempée, munis de cannelures et tournent 2 par 2 comme les meules, en sens inverse, à des vitesses différentes: ce système permet de détacher l'amande de l'enveloppe sans l'écraser brutalement.
En
1884, un concours sera organisé entre les meules de pierre et les cylindres:
ceux-ci seront alors réputés faire de la meilleure farine.
Non
seulement les moulins industriels bénéficient de cette amélioration, mais
aussi les minoteries familiales.